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Week Twenty-One

 

Something different to start with this week. French television screened a wonderful documentary on Coluche, the comedian and founder of the Restos de coeur. It seems to me that - apart from the intrinsic value of the programme as a social document - you could not have a better test of listening comprehension. The film runs the gamut from the standard French of the voice-overs, to the street-French of Coluche in his sketchs. And he's a wonderfully funny, angry guy.

So I'm putting the recording of the programme up here, and I will keep on updating the text - which will have many, many holes - week by week. Perhaps it will be interesting to show the evolution of corrections to the text.

Coluche documentary 

 

 

 1.  Transcription Exercise : Un gars et une fille

 

 2.  Extract from Alice au pays des merveilles

 

 3.  Transcription Exercise : On a tout essayé

 

 4.  Molière : L'Avare

 

 

  1.  Transcription Exercise : Un gars et une fille

With very difficult transcription exercises like this, the object is to follow the sense, while picking up as much detail as possible. Marvellous practice, because very idiomatic. But difficult. Here are four sketches from the Christmas edition of this popular show.

Watch it here

Text here

 

   2.  Extract from Alice au pays des merveilles

I am including this for two reasons. First, the Walt Disney cartoon works wonderfully in French. The dubbing is a work of art in itself. I reproduce the opening here up to the moment where Alice disappears down the rabbit-hole. The dialogue is easy enough to follow, so no text for that.

However this enables me to make a point about songs. For some reason, French teachers seem to think we can follow  French chansons as effortlessly as they can. No. We can't. Songs are poems - therefore not always easy to understand - and they are inherently indistinct - the words are obscured by the music.

Have a go at transcribing the three songs in this extract.

Listen to it here

Text here.

 

 3 Transcription Exercise : On a tout essayé  

Chat-shows give us wonderful practice in listening to idiomatic French. The opening of this show is not terribly difficult, one can follow pretty much first time. But notice how much harder it is to pick up what Pierre Benichou says. Also - a typical problem with all quips, jokes, sketches - the punchline of a witticism is what we call 'throw-away' - much harder to follow than the lead-up to the joke. As if a joke is a game between the speaker and his audience.

 

Watch it here.

Text here.

 

 

   4.  Molière : L'Avare

Here is the opening of a wonderful perfomance of this great work. Not a transcription exercise, of course, much more an opportunity to enjoy the music of the language...

Listen to it here

L'AVARE

 

ACTE PREMIER

 

Scène première. — VALÈRE, ÉLISE

 

VALÈRE

 

Hé quoi! charmante Élise, vous devenez mélancolique, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre foi ? Je vous vois soupirer, hélas! au milieu de ma joie! Est-ce du regret, dites-moi, de m'avoir fait heureux? et vous repentez-vous de cet engagement où mes feux ont pu vous contraindre ?

 

ÉLISE

 

Non, Valère, je ne puis pas me repentir de tout ce que je fais pour vous. Je m'y sens entraîner par une trop douce puissance, et je n'ai pas même la force de souhaiter que les choses ne fussent pas. Mais, à vous dire vrai, le succès me donne de l'inquiétude, et je crains fort de vous aimer un peu plus que je ne devrais.

 

VALÈRE

 

Hé! que pouvez-vous craindre, Élise, dans les bontés que vous avez pour moi ?

 

ÉLISE

 

Hélas! cent choses à la fois : l'emportement d'un père, les reproches d'une famille, les censures du monde; mais plus que tout, Valère, le changement de votre coeur, et cette froideur criminelle dont ceux de votre sexe payent le plus souvent les témoignages trop ardents d'une innocente amour.

 

VALÈRE

 

Ah' ne me faites pas ce tort de juger de moi par les autres. Soupçonnez-moi de tout, Élise, plutôt que de manquer à ce que je vous dois. Je vous aime trop, pour cela, et mon amour pour vous durera autant que ma vie.

 

ÉLISE

 

Ah! Valère, chacun tient les mêmes discours. Tous les hommes sont semblables par les paroles; et ce n'est que les actions qui les découvrent différents.

 

VALÈRE

 

Puisque les seules actions font connaître ce que nous sommes, attendez donc au moins à juger de mon coeur par elles, et ne me cherchez point des crimes dans les injustes craintes d'une fâcheuse prévoyance. Ne m'assassinez point, je vous prie, par les sensibles coups d'un soupçon outrageux, et donnez-moi le temps de vous convaincre par mille et mille preuves de l'honnêteté de mes feux.

 

 

ÉLISE

 

Hélas! qu'avec facilité on se laisse persuader par les personnes que l'on aime! Oui, Valère, je tiens votre coeur incapable de m'abuser. je crois que vous m'aimez d'un véritable amour et que vous me serez fidèle. Je n'en veux point du tout douter, et je retranche mon chagrin aux appréhensions du blâme qu'on pourra me donner.

 

VALÈRE

 

Mais pourquoi cette inquiétude ?

 

ÉLISE

 

Je n'aurais rien à craindre si tout le monde vous voyait des yeux dont je vous vois, et je trouve en votre personne de quoi avoir raison aux choses que je fais pour vous. Mon cœur, pour sa défense, a tout votre mérite, appuyé du secours d'une reconnaissance où le Ciel m'engage envers vous. je me représente à toute heure ce péril étonnant qui commença de nous offrir aux regards l'un de l'autre; cette générosité surprenante qui vous fit risquer votre vie pour dérober la mienne à la fureur des ondes; ces soins pleins de tendresse que vous me fîtes éclater après m'avoir tirée de l'eau, et les hommages assidus de cet ardent amour que ni le temps ni les difficultés n'ont rebuté, et qui, vous faisant négliger et parents et patrie, arrête vos pas en ces lieux, y tient en ma faveur votre fortune déguisée, et vous a réduit, pour me voir, à vous revêtir de l'emploi de domestique de mon père. Tout cela fait chez moi sans doute un merveilleux effet, et c'en est assez à mes yeux pour me justifier l'engagement où j'ai pu consentir; mais ce n'est pas assez peut-être pour le justifier aux autres, et je ne suis pas sûre qu'on entre dans mes sentiments.

 

VALÈRE

 

De tout ce que vous avez dit, ce n'est que par mon seul amour que je prétends auprès de vous mériter quelque chose; et, quant aux scrupules que vous avez, votre

père lui-même ne prend que trop de soin de vous justifier à tout le monde, et l'excès de son avarice et la manière austère dont il vit avec ses enfants pourraient autoriser des choses plus étranges. Pardonnez-moi, charmante Élise, si j'en parle ainsi devant vous. Vous savez que sur ce chapitre on n'en peut pas dire de bien. Mais enfin, si je puis, comme je l'espère, retrouver mes parents, nous n'aurons pas beaucoup de peine à nous le rendre favorable. J'en attends des nouvelles avec impatience, et j'en irai chercher moi-même si elles tardent à venir.

 

ÉLISE

 

Ah! Valère, ne bougez d'ici, je vous prie, et songez seulement à vous bien mettre dans l'esprit de mon père.

 

VALÈRE

 

Vous voyez comme je m'y prends, et les adroites complaisances qu'il m'a fallu mettre en usage pour m'introduire à son service; sous quel masque de sympathie et de rapports de sentiments je me déguise pour lui plaire, et quel personnage je joue tous les jours avec lui afin d'acquérir sa tendresse. J'y fais des progrès admirables; et j'éprouve que, pour gagner les hommes, il n'est point de meilleure voie que de se parer à leurs yeux de leurs inclinations, que de donner dans leurs maximes, encenser leurs défauts, et applaudir à ce qu'ils font. On n'a que faire d'avoir peur de trop charger la complaisance; et la manière dont on les joue a beau être visible, les plus fins toujours sont de grandes dupes du côté de la flatterie; et il n'y a rien de si impertinent et de si ridicule qu'on ne fasse avaler lorsqu'on l'assaisonne en louange. La sincérité souffre un peu au métier que je fais; mais quand on a besoin des hommes, il faut bien s'ajuster à eux; et puisqu'on ne saurait les gagner que par là, ce n'est pas la faute de ceux qui flattent, mais de ceux qui veulent être flattés.

 

ÉLISE

 

Mais que ne tâchez-vous aussi à gagner l'appui de mon frère en cas que la servante s'avisât de révéler notre secret?

 

VALÈRE

 

On ne peut pas ménager l'un et l'autre; et l'esprit du père et celui du fils sont des choses si opposées, qu'il est difficile d'accommoder ces deux confidences ensemble. Mais vous, de votre part, agissez auprès de votre frère, et servez-vous de l'amitié qui est entre vous deux pour le jeter dans nos intérêts.

Prenez ce temps pour lui parler; et ne lui découvrez de notre affaire que ce que vous jugerez à propos.

 

 

 

 

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