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Week Eleven

 

1.  L'amant - Marguerite Duras. Film extract.

2.  The fourth and final extract from Chapter 1 of L'Étranger.

3.  Part XI of Le donjon .de Naheulbek

4. La ballade de la geôle de Reading

5. L’invité de RTL 16/09/06

 

 

1.  Extract from film : L'amant,  from the book of Marguerite Duras

I saw the film first and didn't like it much. Then I read the book and loved Duras' writing from the start. In the film, In the film Jane March is impossibly beautiful and not at all the little fifteen year old scrubber of the book, with a mother who doesn't care and a boarding school which cares even less. It's a beautiful book.

 

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Très vite dans ma vie, il a été trop tard.

À dix-huit ans, il était déjà trop tard.

À dix-huit ans, j'ai vieilli.

Ce vieillissement a été brutal.

Je l'ai vu gagner mes traits un à un.

Au lieu d'en être effrayée,

j'ai vu s'opérer ce vieillissement de mon visage

avec l'intérêt que j'aurais pris, par exemple,

au déroulement d'une lecture.

Ce visage-là, nouveau, je l'ai gardé.

Il a gardé les mêmes contours, mais sa matière est détruite.

J'ai un visage détruit.

 

Que je vous dise encore :

j'ai quinze ans et demie.

C'est le passage d'un bac sur le Mékong.

 

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Regarde-moi...

quinze ans et demie.

C'est la traversée du fleuve. Quand je rentre à Saigon,

je suis en voyage.

Surtout quand je prends le car.

Ce jour-là, c'est la fin des vacances scolaires,

je ne sais plus lesquelles.

 

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L'homme Chinois s'approche

 

-           Excusez-moi, mademoiselle, vous fumez?

 

-           Non, merci.

 

-           Pardon, c'est inattendu, une jeune blanche dans un car indigène... Il me plait, votre chapeau. C'est original, un chapeau d'homme pour une jeune fille. Vous êtes jolie, vous avez tous les droits.

 

-           Vous êtes qui ?

 

-           J'habite Vinhlong.

 

-           Où, à Vinhlong ?

 

-           Sur la fleuve, juste à la sortie. La maison avec des terrasses.

 

-           Celle en pierres bleues ? Elle chinoise.

 

-           Je suis chinois.

 

Chinois...  Il est de cette minorité financière qui tient tout l'immobilier populaire de la colonie. Il revient de Paris où il a étudié le droit commercial. Il est celui qui passait le Mékong ce jour-là, en direction de Saigon...

 

-           Je peux vous ramener à Saigon.

 

 

 

2.  Albert Camus, L'Étranger, Chapter 1, final part

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Albert Camus

 

L’Étranger

 

Chapter 1 (4-final)

 

Ensuite il m’a dit qu’il assisterait à l’enterrement et je l’ai remercié. Il s’est assis derrière son bureau, il a croisé ses petites jambes. Il m’a averti que moi et lui serions seuls, avec l’infirmière de service. En principe, les pensionnaires ne devaient pas assister aux enterrements. Il les laissait seulement veiller : « C’est une question d’humanité », a-t-il remarqué. Mais en l’espèce, il avait accordé l’autorisation de suivre le convoi à un vieil ami de maman : « Thomas Perez. » Ici, le directeur a souri. Il m’a dit : « Vous comprenez, c’est un sentiment un peu puéril. Mais lui et votre mère ne se quittaient guère. À l’asile, on les plaisantait, on disait à Perez : « C’est votre fiancée. » Lui riait. Ça faisait plaisir. Et le fait est que la mort de Mme Meursault l’a beaucoup affecté. Je n’ai pas cru devoir lui refuser l’autorisation. Mais sur le conseil du médecin visiteur, je lui ai interdit de veiller d’hier.

            Nous sommes restés silencieux assez longtemps. Le directeur s’est levé et a regardé par la fenêtre de son bureau. À un moment il a observé : « Voilà déjà le curé de Marengo. Il est en avance. » Il m’a prévenu qu’il faudrait au moins trois quarts d’heure de marche pour aller à l’église qui est au village même. Nous sommes descendus. Devant le bâtiment, il y avait le curé et deux enfants de chœur. L’un de ceux-ci tenait un encensoir et le prêtre se baissait vers lui pour régler la longueur de la chaîne d’argent. Quand nous sommes arrivés, le prêtre s’est relevé. Il m’appelé « mon fils » et m’a dit quelques mots. Il est entré ; je l’ai suivi.

            J’ai vu d’un coup que les vis de la bière étaient enfoncées et qu’il avait quatre hommes noirs dans la pièce. J’ai entendu en même temps le directeur me dire que la voiture attendait sur la route et le prêtre commencer ses prières. À partir de ce moment, tout est allé très vite. Les hommes se sont avancés vers la bière avec un drap. Le prêtre, les suivants, le directeur et moi-même somme sortis. Devant la porte, il y avait une dame que je ne connaissais pas : « M. Meursault », a dit le directeur. Je n’ai pas entendu le nom de cette dame et j’ai compris seulement qu’elle était infirmière déléguée. Elle a incliné sans un sourire son visage osseux et long. Puis nous nous sommes rangés pour laisser passer le corps. Nous avons suivi les porteurs et nous sommes sortis de l’asile. Devant la porte, il y avait la voiture. Vernie, oblongue et brillante, elle faisait penser à un plumier. A côté d’elle il y avait l’ordonnateur, petit homme aux habits ridicules, et un vieillard à l’allure empruntée. J’ai compris que c’était M. Pérez. Il avait un feutre mou à la calotte ronde et aux ailes larges (il l’ôté quand la bière a passé la porte), un costume dont le pantalon tire-bouchonnait sur les souliers et un nœud d’étoffe noire trop petit pour sa chemise à grand col blanc. Ses lèvres tremblaient au-dessous d’un nez truffé des points noirs. Ses cheveux blancs assez fins laissaient passer de curieuses oreilles ballantes et mal ourlées dont la couleur sang dans ce visage blafard me frappa. L’ordonnateur nous donna nos places. Le curé marchait en avant, puis la voiture. Autour d’elle, les quatre hommes. Derrière, le directeur, moi-même et, fermant la marche, l’infirmière déléguée et M. Pérez.

            Le ciel était plein de soleil. Il commençait à peser sur la terre et la chaleur augmentait rapidement. Je ne sais pas pourquoi nous avons attendu assez longtemps avant de nous mettre en marche. J’avais chaud sous mes vêtements sombres. Le petit vieux, qui s’était recouvert, a de nouveau ôté son chapeau. Je m’étais un peu tourné de son côté, et je le regardais lorsque le directeur m’a parlé de lui. Il m’a dit que souvent ma mère et M. Pérez allaient se promener le soir jusqu’au village, accompagnés d’une infirmière. A travers les lignes de cyprès qui menaient aux collines près du ciel, cette terre rousse et verte, ces maisons rares et bien dessinées, je comprenais maman. Le soir, dans ce pays, devait être comme une trêve mélancolique. Aujourd’hui, le soleil débordant qui faisait tressaillir le paysage le rendait inhumain et déprimant.

            Nous nous sommes mis en marche. C’est à ce moment que je me suis aperçu que Pérez claudiquait légèrement. La voiture, peu à peu, prenait de vitesse et le vieillard perdait du terrain. L’un des hommes qui entouraient la voiture s’était laisser dépasser aussi, et marchait maintenant à mon niveau. J’étais surpris de la rapidité avec laquelle le soleil montait dans le ciel. Je me suis aperçu qu’il y avait déjà longtemps que la campagne bourdonnait du chant des insectes et de crépitements d’herbe. La sueur coulait sur mes joues. Comme je n’avais pas de chapeau, je m’éventais avec mon mouchoir. L’employé des pompes funèbres m’a dit alors quelque chose que je n’avais pas entendu. En même temps, il s’essuyait le crâne avec un mouchoir qu’il tenait dans sa main gauche, la main droite soulevant le bord de sa casquette. Je lui a dit : « Comment ? » Il a répété en montrant le ciel : « Ça tape. » J’ai dit : « Oui. » Un peu après, il m’a demandé : « C’est votre mère qui est là ? » J’ai encore dit : « Oui. » « Elle était vieille ? » J’ai répondu : « Comme ça. » parce que je ne savais pas le chiffre exact. Ensuite il s’est tu. Je me suis retourné et j’ai vu le vieux Pérez à une cinquantaine de mètres derrière nous. Il se hâtait en balançant son feutre à bout de bras. J’ai regardé aussi le directeur. Il marchait avec beaucoup de dignité, sans un geste inutile. Quelques gouttes de sueur perlaient son front, mais il ne les essuyait pas.

            Il me semblait que le convoi marchait un peu plus vite. Autour de moi c’était toujours la même campagne lumineuse gorgée de soleil. L’éclat du ciel était insoutenable. A un moment donné, nous sommes passés sur une partie de la route qui avait été récemment refaite. Le soleil avait fait  éclater le goudron. Les pieds y enfonçaient et laissaient ouverte sa pulpe brillante. Au-dessus de la voiture, le chapeau du cocher, en cuir bouilli, semblait avoir été pétri dans cette boue noire. J’étais un peu perdu entre le ciel bleu et blanc et la monotonie de ces couleurs, noir gluant du goudron ouvert, noir terne des habits, noir laqué de la voiture. Tout cela, le soleil, l’odeur de cuir et de crottin de la voiture, celle de vernis et celle de l’encens, la fatigue d’une nuit d’insomnie, me troublait le regard et les idées. Je me suis retourné une fois de plus. Pérez m’a paru très loin, perdu dans une nuée de chaleur, puis jue ne l’ai plus aperçu. Je l’ai cherché du regard, et j’ai vu qu’il avait quitté la rue et pris à travers le champs. J’ai constaté aussi que devant moi la route tournait. J’ai compris que Pérez qui connaissait le pays coupait au plus court pour nous rattraper. Au tournant il nous avait rejoints. Puis nous l’avons perdu. Il a repris encore à travers champs et comme cela plusieurs fois. Moi, je sentais le sang qui me battait aux tempes.

            Tout s’est passé ensuite avec tant de précipitation, de certitude et de naturel, que je ne me souviens plus de rien. Une chose seulement : à l’entrée du village, l’infirmière déléguée m’a parlé. Elle avait une voix singulière qui n’allait pas avec son visage, une voix mélodieuse et tremblante. Elle m’a dit : « Si on va doucement, on risque une insolation. Mais si on va trop vite, on est en transpiration et dans l’église on attrape un chaud et froid. J’ai encore gardé quelques images de cette journée : par exemple, le visage de Pérez quand, pour la dernière fois il nous a rejoints près du village. De grosses larmes d’énervement et de peine ruisselaient sur ses joues. Mais, à cause des rides, elles ne s’écoulaient pas. Elles s’étalaient, se rejoignaient et formaient un vernis d’eau sur ce visage détruit. Il y a eu encore l’église et les villageois sur les trottoirs, les géraniums rouges sur les tombes du cimetière, l’évanouissement de Pérez (on eût dit un pantin disloqué), la terre couleur de sang qui roulait sur la bière de maman, la chair blanche des racines qui s’y mêlaient, encore du monde, des vois, le village, l’attente devant un café, l’incessant ronflement du moteur, et ma joie quand l’autobus est entré dans le nid de lumières d’Alger et que j’ai pensé que j’allais me coucher et dormir pendant douze heures.

  

  

 

3. Le Donjon de Naheulbeuk Part XI

 

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Le Donjon de Naheulbeuk - Episode 11 - La Mort du Voleur et d'un Poulet.

 

<Musique> : Ambiance tendue.

La Magicienne : Ah ouais... qui va ouvrir la porte à gauche ?

Le Nain : J'n'ai pas envie d'me faire pourrir par un autre Zombie puant !

Le Ranger : Il faudrait peut-être détecter les pièges ?

Le Voleur : Huuuuuuum... bon d'accord... Ecartez-vous !

<Bruit> : Le Voleur examine la porte.

L'Elfe : Tu vois quelque chose ?

Le Voleur : Hé bien... cette porte a l'air normale.

Le Ranger : Essaie encore...

Le Voleur : Désolé je n'vois rien.

Le Barbare : Essaie encore une fois.

Le Voleur : Tiens donc ! Il me semble voir un mécanisme étrange...

La Magicienne : Heureusement qu'on a insisté !

L'Elfe : Tu sauras le désarmer ?

 

Le Voleur : Sans problème ! Je vais glisser le passe-partout ici...

<Bruit> : Le Voleur force le mécanisme du piège.

Le Voleur : Et tirer un peu sur la poignéée...

La Magicienne : Attention !

<Bruit> : Sortilège de Claptor de Mazrok et Dégats Critiques.

<Tous en même temps> : Le Voleur Waaaaaaaahaaaïïïeeeeuuuuuh !!!

                       Le Ranger : Holala !

                       L'Elfe : On va tous péter !

<Bruit> : Les restes du Voleur brûlent.

<Musique> : Conan le Barbare : Triste.

Le Nain : Hé ben !

L'Elfe : Mais... mais qu'est-ce-que c'était ?

Le Ranger : Oh la galère ! Ca ressemble à un échec critique !

La Magicienne : Il a pris un Claptor de Mazrok en pleine figure !

Le Nain : Un quoi ?

La Magicienne : C'est un sort que les prêtres de la dynastie de Vontorze utilisaient pour mbblmmbmm...

<Bruit> : Le Ranger plaque sa main sur la bouche de la Magicienne qui essai de parler.

Le Ranger : Ca suffira.

L'Elfe : Mais où est le Voleur ?

Le Ranger : C'est le petit tas de cendres devant la porte.

L'Elfe : Mais... mais alors... il est mort ?

La Magicienne : Il a été brûlé au vingt-huitième degré.

Le Barbare : Ca lui apprendra à faire le malin !

Le Ranger : Pas de panique, nous allons trouver un moyen de le ramener à la vie !

Le Nain : T'as un parchemin pour ressuciter les tas de cendres ?

Le Ranger : Mais non, mais...

La Magicienne : C'est foutu pour lui, il n'avait pas de Point de Destin !

Le Ranger : Allez... vous m'faites marcher hein ?

Le Barbare : Non.

Le Ranger : C'est une grosse blague très nulle et vous allez m'annoncer la chute !

Le Nain : Mais non !

Le Ranger : Mais... on peut pas mourrir comme ça !

La Magicienne : Ben si.

<Musique> : Ambiance triste au piano.

L'Elfe : Après toutes ces aventures ! Après tout ce temps passé à parcourir le château !

         Il disparaît comme un moins-que-rien !

<Bruit> : L'Elfe éclate en sanglots.

Le Barbare : Et voilà, ça chiale encore !

Le Ranger : Respectons une minute de silence pour la disparition de notre camarade...

<Musique> : Hymne des Morts en Héro.

 

Le Nain : Ben moi j'm'ennuie, alors j'vais récupérer ses affaires !

<Musique> : L'Hymne fini en couac.

L'Elfe : Tu.. tu n'a donc pas de coeur ?!

Le Nain : C'est toujours mieux que de pas avoir de cervelle !

Le Ranger : Euuuh, bon... tant pis pour le silence, on continue !

L'Elfe : J'vous causerai plus jamais !

Le Barbare : Oh quel dommage !

La Magicienne : Il faut quand même ouvrir cette porte !

Le Barbare : Ouais !

Le Nain : Tout a brûlé à part la clé et le trousseau d'serrurier.

Le Ranger : Hé merde !

La Magicienne : Alors ? Qui va ouvrir ?

Le Barbare : Moi !

<Bruit> : Le Barbare ouvre la porte.

La Magicienne : Préparez-vous !

<Bruit> : Le Nain sort sa hache.

Le Nain : A mooooort !

Le Ranger : Qu'est-ce-que tu vois ?

Le Barbare : Rien du tout.

La Magicienne : Comment ça rien du tout ?

Le Barbare : C'est vous qui avez la torche.

La Magicienne : Ah, hé ben je vais t'éclairer avec mon bâton.

<Bruit> : La Magicienne lance un Sortilège de Lumière.

Le Nain : Alors ?

<Musique> : Ambiance tendue.

La Magicienne : C'est une pièce moyenne remplie de meubles et de vieilles choses.

Le Nain : Ouais, on va tout fouiller !

Le Ranger : Tu crois que ça pourrait être la tanière de la Lyche ?

Le Barbare : En tout cas, elle a la même odeur.

La Magicienne : Y'a une grande bibliothèque.

Le Nain : Oh j'en ai marre, encore des livres !

Le Ranger : Entrons les amis !

<Bruit> : Le groupe entre dans la pièce et commence à la fouiller.

Le Barbare : Moi j'm'occupe de l'armoire !

La Magicienne : J'm'occupe de la bibliothèque !

L'Elfe : Je vais regarder dans la commode.

Le Nain : Et moi j'vais voir le coffre.

Le Ranger : Bon ben... j'vais fouiller la table puisque c'est tout c'qui reste.

Le Barbare : Y'a rien dans cette armoire à part des chiffons !

L'Elfe : C'est pareil dans la commode ! Quelle misère !

La Magicienne : Je ne vois que des livres de cuisine et d'histoire de la musique.

Le Ranger : On perd du temps !

Le Nain : J'ai ouvert le coffre avec la clé dorée.

<Son> : Découverte d'un trésor.

Le Nain : Regardez !

<Bruit> : Le Nain ouvre le coffre.

<Musique> : Ambiance religieuse.

<Tous en même temps> : Hooooooooo !

Le Barbare : Qu'est-ce-que c'est ?

L'Elfe : C'est une magnifique flûte en or !

Le Nain : Mais c'est pas vrai ça, y'a qu'des objets pourraves dans cette tour à la con !

Le Barbare : Ouais, c'est lourd !

La Magicienne : Elle est sans doute magique.

Le Nain : Et alors ? C'est quand même un objet d'Elfe !

L'Elfe : J'la prends !

<Bruit> : L'Elfe prend la flûte.

Le Barbare : Ben voyons !

Le Ranger : Bon c'est pas la peine de rester plus longtemps !

<Bruit> : L'Elfe joue de la flûte.

Le Nain : Humf !

<Bruit> : Le Nain frappe l'Elfe qui finit sa musique par un couac.

L'Elfe : Maiheu !

Le Nain : Arrête de crâner avec ton instrument !

<Bruit> : Le groupe se dirige vers la seconde porte.

Le Barbare : En plus tu joues mal !

Le Ranger : Allons-y ! Il reste une porte.

La Magicienne : Mais y'a plus personne pour s'occuper des pièges !

Le Ranger : J'vais m'en occuper.

Le Barbare : J'en ai marre !

Le Nain : Hé regardez, là, dans le couloir !

La Magicienne : Une créature nous barre la route !

<Son> : Djingle de danger.

<Bruit> : Un coq est en train de caqueter.

Le Ranger : Mais c'n'est pas une créature, c'est un poulet !

L'Elfe : Ce n'est pas un poulet, c'est un coq.

Le Barbare : C'est l'enfoiré qui nous a réveillé ce matin !

Le Nain : A mooooort !

<Bruit> : Le Nain sort sa hache.

La Magicienne : Nooon ! N'approchez pas !

<Musique> : Danger proche.

Le Barbare : Quoi ?

La Magicienne : C'est trop facile ! C'n'est certainement pas un coq ordinaire !

Le Nain : Bah quoi ? On s'en fout on l'explose !

Le Ranger : Non ! Elle a raison, c'est plutôt étrange.

La Magicienne : Je crois que c'est un Changeur de Forme.

Le Barbare : Un quoi ?

La Magicienne : Une créature qui prend l'apparence d'une autre.

                Tu t'approches d'un poulet et PAF !

<Son> : Djingle de surprise.

La Magicienne : Tu te retrouves en face d'un monstre énorme.

Le Nain : T'es vachement négative quand même.

Le Barbare : On peut même pas buter un poulet tranquille !

Le Ranger : Il faudrait s'assurer que c'est une volaille normale.

L'Elfe : Hé, j'pourrais lui tirer des flèche !

Le Ranger : Bonne idée !

La Magicienne : Vas-y !

Le Nain : Mais t'as aucune chance de l'toucher !

<Musique> : Conan le Barbare : Fête.

L'Elfe : J'vais essayer !

<Bruit> : L'Elfe tire une flèche et le poulet l'esquive.

Le Ranger : Mince !

L'Elfe : Oh non, je l'ai raté !

Le Nain : Quelle surprise !

L'Elfe : J'essaye encore.

LE Ranger : Vas-y.

<Bruit> : L'Elfe tire une flèche et le poulet l'esquive.

L'Elfe : Holalaa !

Le Barbare : C'est passé à deux mètres.

Le Ranger : Je commence à croire que l'Nain a raison...

L'Elfe : C'est ça, hein ? dites que j'ai pas de talent !

Le Nain : C'est exactement c'que j'dis !

L'Elfe : Et ben j'essaye encore vous allez voir.

La Magicienne : Allons bon !

<Bruit> : L'Elfe tire une flèche et le poulet l'esquive.

L'Elfe : Hé oh... hé, mais il arrête pas d'bouger !

Le Barbare : T'es vraiment nulle !

<Musique> : Combat ridicule.

Le Nain : Bon j'vais régler son compte à ce poulet, moi !

Le Barbare : J'arrive !

<Bruit> : Le Nain et le Barbare sortent leurs armes.

Le Ranger : C'n'est pas très prudent !

La Magicienne : C'est d'l'inconcience !

Le Nain : Poulet ! Poulet ! Viens par ici...

Le Barbare : Piou piou piouuu !

Le Nain : Vas-y chope-le !

<Bruit> : Le coq pousse des cris appeurés.

Le Barbare : Ouais !

Le Nain : Yaaaah !

Le Barbare : Enfoiré !

Le Ranger : On dirait qu'elle est normale cette bestiole.

Le Barbare : Ouais !

La Magicienne : Il va s'transformer tu va voir !

Le Nain : Yaaah !

Le Barbare : Ouais !

<Bruit> : Le coq pousse un cri d'agonie.

L'Elfe : Ca y est, il est mort !

La Magicienne : Ah zut !

Le Ranger : Quand je pense que j'ai cru a tes conneries !

La Magicienne : Euh on peut se tromper, hein !

Le Ranger : Ouais, ça t'arrive un peu trop souvent.

Le Nain : Voilà ! On a un casse-croûte pour ce soir.

<Musique> : Ambiance tendue.

L'Elfe : Bon, qui va ouvrir la deuxième porte ?

Le Ranger : Je vais voir a quoi elle ressemble...

<Bruit> : Le Ranger se dirige vers la porte.

La Magicienne : Ecartez-vous ! Si jamais ça explose encore...

Le Nain : On va pas être nombreux à se partager les huit milles pièce d'or.

Le Ranger : Humf... c'est bien d'se sentir soutenu.

La Magicienne : Euh, on a qu'a faire attention.

Le Barbare : Bon alors, tu l'ouvre la porte ?

L'Elfe : On s'ennuie.

Le Ranger : Ouais, hé... deux secondes, hein !

<Bruit> : Le Ranger examine la porte.

Le Ranger : Bon alors... la porte a une poignée et pas de serrure.

Le Nain : Fais gaffe elle va s'transformer en poulet !

<Tous en même temps> : Le Nain et le Barbare : Héhéhéhé !

La Magicienne : Oh, t'es con toi !

Le Ranger : C'est une porte en bois faites de planches ajustées et clouées avec une grande précision.

L'Elfe : Elle est piégée ou pas ?

Le Ranger : Attendez, euh bon... euhmmh, à l'oeil nu on voit rien, là, mais euh...

La Magicienne : Tourne la poignée !

Le Ranger : C'est pas si simple !

Le Nain : Ben si, tu mets ta main sur la poignée et tu tournes.

Le Barbare : Je crois que tu a peur...

Le Ranger : Moi ? Peur d'une porte ? Hahaha elle est bien bonne !

Le Nain : Alors, ouvre-la !

L'Elfe : Je prépare mon arc.

Le Ranger : J'vous ai pas encore raconté l'histoire du mec qui rencontre un Minotaure et...

Le Barbare : On s'en fout !

Le Ranger : Bon bon... euh, au fait... on a pas regardé si ma bague était magique.

<Tous en même temps> : La porte !

Le Ranger : Ouais, ouais, ouais ! Voilà bon ! Euh, bon ben j'ouvre !

Le Nain : Quand même !

<Bruit> : Le Ranger ouvre la porte.

<Son> : Suspense.

La Magicienne : Alors ?

Le Barbare : Bouh !!!

<Son> : Djingle de surprise.

Le Ranger : Haaaaa !

<Tous en même> : Hahahahaha !

Le Ranger : Ouais... très drôle.

L'Elfe : Y'a quelque chose alors ?

Le Ranger : Oh, merde !

Le Barbare : Qu'est-ce-que tu vois ?

Le Ranger : Y'a deux balais et un seau dans un placard !

<Son> : Chute de l'épisode.

 

 

 

4.  Extract : La ballade de la geôle de Reading - Oscar Wilde

Some time ago I was watching a popular programme fronted by Michel Drucker. He introduced a well known French actor who stood up and - amazingly - recited the first six verses of The Ballad of Reading Gaol - in French. Why amazingly ? Well, you would be unlikely to hear Wilde being recited on a British chat show, and I can't really imagine one of our bright young British actors reciting the first few verses of Fleurs du Mal on prime time TV.

The other source of amazement is that it should work. The translator has tried to retain the characteristic rhythm, and has captured the sad passion of the piece. It works. It's a good listening exercise.

The English of these verses is below.

 

Listen to it here.

THE BALLAD OF READING GAOL

 

OSCAR WILDE

 

He did not wear his scarlet coat

            For blood and wine are red,

And blood and wine were on his hands

            When they found him with the dead,

The poor dead woman whom he loved,

            And murdered in her bed.

 

He walked among the Trial Men

            In a suit of shabby grey ;

A cricket cap was on his head,

And his step seemed light and gay ;

But I never saw a man who looked

So wistfully at the day.

 

I never saw a man who looked

            With such a wistful eye

Upon that little tent of blue

            Which prisoners call the sky,

And at every drifting cloud that went

            With sails of silver by.

 

I walked, with other souls in pain,

            Within another ring,

And was wondering if the man had done

            A great or little thing,

When a voice behind me whispered low,

            “That fellow’s got to swing.”

 

Dear Christ ! the very prison walls

            Suddenly seemed to reel,

And the sky above my head became

            Like a casque of scorching steel ;

And, though I was a soul in pain,

            My pain I could not feel.

 

I only knew what hunted thought

            Quickened his step, and why

He looked upon the garish day

            With such a wistful eye ;

The man had killed the thing he loved,

            And so he had to die.

  

                

 

 Jean-Michel Aphatie L’ invite de RTL of 16/09/06

Listen to it here.

 

 

 

                        Jean-Michel Aphatie - L'Invité de RTL 15/09/06

 

                  Jean-Michel Apathie : Bonjour Milana Terloeva. Vous avez 26

                  ans. Vous terminez des études en France. Une association

                  "Etudes Sans Frontières" vous a permis, il y a trois ans, de

                  venir ici. Et là, vous terminez donc une école de journalisme

                  à Sciences Po ; et vous avez le projet de retourner à Grozny,

                  dans quelques semaines, en Tchétchénie pour tenter d'y faire

                  un journal. On va en reparler. Avant de partir, vous livrez

                  votre témoignage "Danser sur les ruines, une jeunesse

                  tchétchène" chez Hachette Littérature, et vous racontez cette

                  guerre dont, ici en France et sans doute dans les pays

                  occidentaux, nous ne parlons pas. L'armée russe est entrée à

                  Grozny en 1994 - vous aviez 14 ans - vous racontez dans ce

                  livre, c'est très émouvant, les morts, vos amis, vos parents,

                  vos proches, les tortures. Comment vivez-vous avec autant de

                  douleurs ?

 

                  Milana Terloeva : Je crois que c'était un peu peut-être dans

                  le caractère des Tchétchènes parce que ça dure déjà depuis 300

                  ans. Et voilà, on était obligé de déjà essayer de survivre

                  parce que depuis douze ans, cette guerre, elle dure. Il y

                  avait les nettoyages. On devait chaque jour passer les

                  check-points (c'est ce qu'on appelle les nettoyages), c'est

                  quand l'armée russe, elle est arrivée dans un endroit, ça peut

                  être un quartier, une rue, n'importe quoi. Elle l'entourait

                  sous le prétexte : contrôle de papier. Elle enlevait n'importe

                  qui : ça pouvait être mon frère. N'importe qui : mon voisin.

                  Dans un camp de filtration où elle les torturait pour qu'ils

                  avouent les crimes qu'ils n'ont pas commis parce qu'ils

                  avaient besoin d'un quota. Pour remplir un quota, disant que,

                  voilà on a arrêté encore quelques terroristes, et après,

                  c'était un business aussi pour les revendre. Sans parler déjà

                  des bombardements, des combats, de tout ça. Mais on était

                  obligé de survivre. On était obligé aussi d'essayer de vivre

                  comme les gens normaux : aller à l'université, faire les

                  études, faire notre travail, se voir entre nous, entre les

                  jeunes. Si on ne fait pas ça et si on reste toujours chez

                  nous, en train de se cacher dans une cave, dans cette

                  situation, on peut complètement désespérer et devenir fou.

 

                  Vous racontez... Certains journalistes l'ont fait parce que

                  certains journalistes occidentaux - très peu nombreux -

                  parviennent en Tchétchénie. Mais quand vous, vous leur

                  racontez, vous racontez effectivement l'attitude de ces

                  soldats russes qui enlèvent des gens, les tuent pour n'importe

                  quelle raison. On ne sait pas pourquoi. Et il n'y a d'ailleurs

                  pas de raisons.

 

                  Il n'y a même pas de raisons.

 

                  C'est une violence, une sauvagerie qui est difficilement

                  imaginable au début du XXIème siècle. Avez-vous le sentiment

                  que ce que vous vivez, cette réalité-là, pourquoi n'est-elle

                  pas plus répercutée ? Pourquoi n'en parle-t-on pas plus ?

 

                  Oui, bien sûr, c'est vrai que certains journalistes vont en

                  Tchétchénie pour parler sur cette guerre - mais de moins en

                  moins. C'est pour ça d'ailleurs que j'ai écrit ce livre-ci.

                  Mais si on parle des chefs européens, des chefs des Etats

                  européens, je crois que le peuple tchétchène a été vendu pour

                  le pétrole de Poutine, pour le gaz de Poutine. Il y a les

                  intérêts économiques, les intérêts politiques. Et pour ça,

                  voilà le peuple tchétchène.

                  Vous êtes sacrifiés ?

 

                  Voilà. C'est tout petit, c'est très loin et on oublie.

 

                  Vous dites dans votre livre - je n'y avais jamais pensé - que,

                  par exemple, l'ONU n'a pas une seule fois discuté de la

                  situation en Tchétchénie parce que la Russie a un siège au

                  Conseil de Sécurité. Donc, on n'en parle jamais. C'est assez

                  épouvantable. Vous vivez ça comme une injustice, comme quelque

                  chose de douloureux ?

 

                  Ah oui ! Oui, bien sûr. Pour moi, comme pour tous les jeunes

                  Tchétchènes, quand je suis rentrée, cet été, en Tchétchénie,

                  tous les jeunes, tous mes amis, la première question qu'ils

                  posaient, c'était alors : Alors, en France, il nous prend tous

                  pour des terroristes parce qu'il va toujours sur les chaînes

                  russes : Poutine qui est avec Chirac ou Schroeder, et les

                  chefs des pays européens, des pays des droits de l'homme, de

                  la démocratie qui le félicitent pour son travail réussi contre

                  le terrorisme international. Bien sûr, pour nous, c'est

                  quelque chose d'inimaginable. On ne comprend pas, qu'est-ce

                  qui se passe quand on voit ces pays qui, pour nous, voilà,

                  c'était l'Europe occidentale, la démocratie, les droits de

                  l'homme ; qu'on ne laisse pas violer comme ça les droits de

                  l'homme. Pour nous, bien sûr, on vit ça comme une injustice.

                  Et nous, on ne comprend pas ça. Et c'est le pire. Le pire,

                  c'est énorme dans cette guerre, parce que les gens en

                  Tchétchénie, ils se retrouvent tous seuls en France en face de

                  cette violence, en face de l'armée russe, de milices

                  tchétchènes pro-russes, et en plus, elle se sent abandonnée.

                  Voilà. Donc, le sentiment qu'il y a en Tchétchénie,

                  aujourd'hui, que le monde entier est contre eux. Ils sont pris

                  par tout le monde comme des terroristes.

 

                  Vous, vous avez eu la chance, je l'ai dit pour qu'on comprenne

                  un peu votre histoire, il y a trois ans : une association ici

                  en France "Etudes sans frontières" vous a permis de venir en

                  France. Donc, vous avez pu sortir de votre pays, terminer vos

                  études, écrire ce livre. Vous allez retourner en Tchétchénie.

                  Ce livre ne vous met pas en danger ? Quand vous allez

                  retourner là-bas, est-ce que vous ne risquez pas pour votre

                  vie ?

 

                  Déjà vivre en Tchétchénie, c'est très dangereux. Mais bien

                  sûr, écrire ce livre pour moi, c'était un choix qui était

                  très, très difficile parce que si j'ai écrit ce livre, je mets

                  surtout en danger ma famille qui est toujours en Tchétchénie.

                  Parce qu'en Tchétchénie, pour le monde critique vis-à-vis du

                  gouvernement pro-russe ou le gouvernement du Kremlin, on met

                  déjà en danger la vie de nos proches, sans parler de

                  nous-mêmes. Bien sûr, c'était dangereux. Mais j'ai fait ce

                  choix parce que, comme vous l'avez dit, j'ai eu cette chance

                  de partir de la Tchétchénie grâce à l'association "Etudes sans

                  frontières" ; mais mes amis, tous les gens qui restent en

                  Tchétchénie, eux, ils n'ont pas eu cette chance, ils n'ont pas

                  eu ce droit de parole pour parler, pour témoigner tout ce

                  qu'ils subissent depuis douze ans. Et moi, j'ai eu cette

                  chance : j'étais à l'extérieur de la Tchétchénie e