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Week Two
 

It's July and France has closed for summer. France Inter has started its summer schedule which consists largely of music. So, little in the way of chroniques.

1. However, France Culture, unrelenting as always, continues, and our first extract is a Revue de presse européenne.

2.  And then a song; the famous Tout va bien, Madame la marquise.

3.  We continue with Part II of Le donjon de Naheulbek

4.  I have a passion for Louis-Ferdinand Céline : one of the greatest of French writers of the 20th century. Also, a fascist and a traitor : how would we have reacted if Oswald Moseley had been a great writer? We have Arletty reading from Mort à crédit.

5.  And then a sketch, because jokes are excellent (although difficult) listening practice. Le zizi tout dûr.

6.  Ionescu follows, for a combination of literature and a gentle giggle. An extract from La Leçon.

7  To finish, our film extract, from Dîner de cons

 

 

1.  Chronique France Inter. La Revue de presse européenne.

I find the France Culture site irritatingly difficult to navigate, but the Revue de presse européenne is a reliable and regular item.

Listen to it here.

 
Corée missile / Macédoine / Mondial 2006

La Corée du Nord défie le monde titre ce matin le journal britannique TIMES. Le régime communiste a procédé hier au tir de six missiles dont un engin à longue portée. Un véritable défi donc à la communauté internationale avec le risque pour Pyong Yang poursuit l'article de se voir un peu plus encore isolé sur la scène internationale.

Alors Washington a aussitôt réagit et parle de provocation d'autant nous rappel le quotidien THE INDEPENDENT que ces tirs avaient été programmés à la même heure que le lancement de la navette spatiale américaine Discovery. Et puis s'il fallait encore douter de la coïncidence des deux évènements précise l'éditorialiste britannique, et bien la date choisi pour ces essais, un 4 juillet autrement-dit le jour même de la commémoration de l'indépendance des Etats-Unis, cette date donc ne laisse aucun doute quant au message explosif lancé par la Corée du Nord à son adversaire de toujours.
De son côté son confrère du journal THE GUARDIAN nuance la portée de l'évènement au propre comme au figuré. Le tir de missile longue portée susceptible théoriquement d'atteindre les côtes américaines a en effet échoué moins d'une minute après son lancement. De quoi dit-il démontrer la faiblesse du programme balistique nord coréen. La menace de Pyong Yang sonne décidément creux. Ce qui devait passer pour une démonstration de force s'avère un échec conclut le journaliste.
Alors ce tir de missiles n'est pas franchement une surprise ni même une nouveauté. Le journal El PAIS nous rappel qu'en août 98 déjà la Corée du Nord avait mis au rouge toutes les alarmes des puissances occidentales en procédant au lancement d'un missile au dessus-du territoire japonais. Et le journaliste espagnol de rappeler qu'à l'époque Pyong Yang avait seulement prétendu vouloir mettre un satellite en orbite. Toujours est-il que depuis américains et nord coréens avaient entrepris de négocier un moratoire sur les essais de missile conventionnels. Moratoire signé en 1999.
Mais aujourd'hui c'est bien le nucléaire qui inquiète la communauté internationale. Le journal LA VANGUARDIA nous explique ainsi que la Corée du Nord travaille sans aucun doute à la confection d'armes nucléaires. Avant de nuancer. Il paraît bien improbable toutefois d'imaginer que Pyong Yang soit capable de relier une tête atomique à ses missiles. Il reste donc de nombreuses années avant que le régime nord coréen ne puisse obtenir la bombe nucléaire.

Relance DIRECTION LES BALKANS A PRESENT AVEC LES ELECTIONS LEGISLATIVES EN MACEDOINE
Les Balkans ce chantier européen titre le journal LE TEMPS. Il faut dire que ces élections doivent beaucoup à l'UE. C'est précisément parce que l'Union s'est investie en 2001 dans une mission de stabilisation politique et militaire nous explique l'éditorialiste suisse que cette ancienne république de l'ex Yougoslavie n'a pas plongé dans un conflit entre minorité albanaise et majorité slave. Pour une fois dit-il Bruxelles a pu et a su réagir à temps. Il faut s'en féliciter. Le problème poursuit l'article c'est que la diplomatie préventive n'a guère de vertus curatives. Dégoupiller la grenade politique du séparatisme ou de la manipulation ethnique ne suffit pas. La vérité écrit-il c'est que l'Europe même lorsqu'elle propose un avenir aux Balkans ne parvient pas à le conjuguer au présent. C'est le cas en Bosnie et puis la menace plane également sur le Kosovo.
Autant dire que le bon déroulement de ces élections d'aujourd'hui constituera un véritable test de crédibilité. LE COURRIER DES BALKANS prévient. Le pays a connu de nombreuses élections chaotiques. Cette fois les yeux de la communauté internationale seront braqués sur le processus électoral. Enjeu, l'entrée de la Macédoine à la fois dans l'Union Européenne et dans l'OTAN.

Relance ET PUIS ON TERMINE AVEC LA FIN D'UN REVE EN ALLEMAGNE. LA MANNSCHAFT BATTU PAR L'ITALIE HIER SOIR 2 A 0 NE JOUERA PAS LA FINALE DU MONDIAL.
L'Allemagne qui se réveille ce matin avec la gueule de bois. Un match dramatique titre le BERLINER ZEITUNG. Le rêve s´arrête mais le match s´est prolongé et déjà en Allemagne poursuit le journal c´est l´heure des comptes : les prolongations et l´affluence record d´un million de fans hier soir dans le centre de la capitale a nécessité un surplus de dépenses, des centaines de milliers d'euros. Et puis petite vengeance ou du moins dernier tacle de la défense, la victoire des Italiens est aussi l´occasion pour le quotidien de rappeler que dans la péninsule le scandale des matchs truqués a atteint son apogée hier : le tribunal de Rome a en effet requis la relégation de la Juve en troisième division et non en deuxième comme l´escomptait le prestigieux club italien. LE JOURNAL DE HAMBOURG rappelle de son côté que l'Allemagne avait encore dans les jambes son match contre l´Argentine, vendredi dernier : deux prolongations et une séance de tirs aux buts. Enfin au-delà de toutes les excuses possibles et imaginables pour justifier la défaite il reste une aventure extraordinaire. Vous êtes tout de même nos héros écrit LA BILD. Le tabloïd populaire qui interpelle directement l´équipe allemande avec une Une aux couleurs du drapeau national. Sans vraiment rappeler qu´ils ont perdu le quotidien ne cesse de louer ses joueurs. Dommage les gars ! Vous vous êtes battus comme des champions du monde. Et de conclure, grâce à vous les Allemands ont redécouvert leur amour pour leur patrie. Des drapeaux à toutes les voitures, aux balcons, aux fenêtres et sur des visages épanouis. De Munich a Berlin. Même les plus rétifs au football ont soudainement ouvert leurs cœurs aux héros de la Nation.


 

 

2.  Tout  va bien, Madame la Marquise.

French teachers love to make us listen to chansons, which I find irritating, because they are very, very hard for us to follow. Songs are poetry, poetry stretches the bounds of language, and sung French is any case intrinsidally difficult. But as long as you have the text - wonderful practice. Make sure you can follow every syllable - including the final section of patter.

Listen to it here.

Paroles.net - Ray Ventura - Tout va très bien, Madame la Marquise ♫

Ray Ventura

Tout va très bien, Madame la Marquise

Paroles: Paul Misraki, Charles Pasquier, Henri Allum 1936

© 1936 - Warner Chappell

 

 

Allô, allô James !

Quelles nouvelles ?

Absente depuis quinze jours,

Au bout du fil

Je vous appelle ;

Que trouverai-je à mon retour ?

Tout va très bien, Madame la Marquise,

Tout va très bien, tout va très bien.

Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise,

On déplore un tout petit rien :

Un incident, une bêtise,

La mort de votre jument grise,

Mais, à part ça, Madame la Marquise

Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !

Quelles nouvelles ?

Ma jument gris' morte aujourd'hui !

Expliquez-moi

Valet fidèle,

Comment cela s'est-il produit ,

Cela n'est rien, Madame la Marquise,

Cela n'est rien, tout va très bien.

Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,

On déplore un tout petit rien :

Elle a péri

Dans l'incendie

Qui détruisit vos écuries.

Mais, à part ça, Madame la Marquise

Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !

Quelles nouvelles ?

Mes écuries ont donc brûlé ?

Expliquez-moi

Valet modèle,

Comment cela s'est-il passé ?

Cela n'est rien, Madame la Marquise,

Cela n'est rien, tout va très bien.

Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,

On déplore un tout petit rien :

Si l'écurie brûla, Madame,

C'est qu'le château était en flammes.

Mais, à part ça, Madame la Marquise

Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !

Quelles nouvelles ?

Notre château est donc détruit !

Expliquez-moi

Car je chancelle

Comment cela s'est-il produit ?

Eh bien ! Voila, Madame la Marquise,

Apprenant qu'il était ruiné,

A pein' fut-il rev'nu de sa surprise

Que M'sieur l'Marquis s'est suicidé,

Et c'est en ramassant la pell'

Qu'il renversa tout's les chandelles,

Mettant le feu à tout l'château

Qui s'consuma de bas en haut ;

Le vent soufflant sur l'incendie,

Le propagea sur l'écurie,

Et c'est ainsi qu'en un moment

On vit périr votre jument !

Mais, à part ça, Madame la Marquise,

Tout va très bien, tout va très bien.

[22829] http://www.paroles.net - Texte soumis aux Droits d'Auteur - Réservé à

un usage privé ou éducatif.

 

 

 

3. Le Donjon de Naheulbeuk Part II

And now for something completely different...

Listen to it here.

Copyright Pen of Chaos.

 

Le Donjon de Naheulbeuk - Episode 02 - La Visite du Premier Niveau.

<Musique> : Ambiance lugubre.

Le Ranger : Et voilà, nous allons entrer dans le fameux donjon de Naheulbeuk.

L'Elfe : Je n'sais pas ce qu'on va y trouver mais ça schlingue.

Le Ranger : Ca peut s'expliquer facilement, l'Ogre a chié à deux mètres de la porte.

L'Ogre : Huh huh huh.

La Magicienne : Et où est la statuette ?

Le Ranger : Comme toutes les statuettes elle est dans une salle du trésor gardée

par un puissant magicien.

Le Barbare : Baston !

La Magicienne : Si ça se trouve ses pouvoirs sont plus forts que les miens.

Le Nain : Hé, ça va pas être dur.

La Magicienne : C'est malin !

Le Ranger : Alors comme monstres si on regarde dans la table des rencontres on peut trouver

toutes sortes de Morts-Vivants (Le Groupe : Mh mh...), des Araignées Géantes

(Le Groupe : Mh mh...), des Orques et des Gobelins (Le Voleur et l'Elfe : Mh mh...),

des Trolls dans les souterrains (Le Groupe : Mh mh...), des Sorciers,

des Guerriers Maudits (Le Nain : Mh mh), des Rats Mutants,

une bouteille d'huile, du papier toilette, deux éponges et des raviolis.

Le Nain : Je crois que tu as lu aussi ton post'it pour les courses.

Le Ranger : Euh désolé.

La Magicienne : Et y'a pas de Dragons ?

Le Ranger : On a pas le niveau.

Le Voleur : Je crois que l'un d'entre nous devrait monter la garde à la sortie du donjon.

Le Ranger : Tu parles d'un mec qui ne toucherait pas sa part des huit milles pièces d'or ?

Le Voleur : Mmmh, oublie ca...

La Magicienne : Quelqu'un devrait faire un plan pour noter nos déplacements...

<Tous en même temps> : Le Ranger : J'ai pas envie.

L'Elfe : J'ai pas envie.

Le Voleur : J'ai pas envie.

L'Ogre : Takala.

La Magicienne : D'accord, d'accord, je m'occupe du plan.

Le Ranger : En avant.

<Bruit> : Le groupe se déplace bruyamment.

Le Barbare : Keuf keuf.

<Bruit> : Le Nain siffle.

Le Ranger : Stop !

<Tous en même temps> : Le Barbare : Hé ben !

L'Elfe : Hooo ! Mince alors ...

Le Nain : Qu'est-ce-qu'y a ?

Le Voleur et la Magicienne : Rhôôôô...

L'Ogre : Swobok ?

Le Ranger : Vous êtes obligés de faire tout ce bordel quand vous marchez ?

Le Nain : Oh, c'est à cause de l'équipement !

Le Ranger : Mais qu'est-ce que je fous là moi... bon c'est parti.

<Bruit> : Le groupe se déplace bruyamment.

La Magicienne : Tu connais la blague de l'Orque bourré ?

Le Nain : Non...

Le Ranger : Stop !

<Tous en même temps> : Le Barbare : Hé ben !

L'Elfe : Hooo ! Mince alors ...

Le Nain : Qu'est-ce-qu'y a ?

Le Voleur et la Magicienne : Rhôôôô...

L'Ogre : Swobok ?

Le Ranger : Faudra m'expliquer pourquoi l'Ogre chante à chaque fois qu'il marche.

La Magicienne : Attends je vais lui demander. Gravoz vrotapa bozoh ?

L'Ogre : Gnolo.

La Magicienne : Il dit qu'il t'emmerde.

Le Ranger : Bon d'accord on en parle plus.

<Bruit> : Le groupe se déplace bruyamment.

L'Elfe : C'est sinistre.

Le Nain : Alors cette blague ?

La Magicienne : C'est pas le moment je crois.

Le Ranger : Stop !

<Tous en même temps> : Le Barbare : Hé ben !

L'Elfe : Hooo ! Mince alors ...

Le Nain : Qu'est-ce-qu'y a ?

Le Voleur et la Magicienne : Rhôôôô...

L'Ogre : Swobok ?

Le Ranger : Nous arrivons à une intersection et trois choix s'offrent à nous.

Il faut décider d'une direction à prendre...

<Tous en même temps> : L'Elfe : A droite.

Le Nain : Tout droit.

La Magicienne : A gauche.

Le Voleur : En arrière.

Le Ranger : D'accord je vais décider tout seul. On va à droite.

La Magicienne : C'est noté.

Le Nain : Je suis pas d'accord tu as choisi la direction de l'Elfe.

L'Elfe : Nanaanananaaaa !

Le Nain : J'irai pas à droite !

<Bruit> : Le Barbare frappe le Nain.

Le Nain : OK, on va droite.

Le Barbare : Humf.

Le Ranger : De toutes façons on y voit plus rien, faut allumer les torches.

La Magicienne : Ouais c'est vrai, qui a un briquet ?

<Bruit> : Contrebasse.

Le Ranger : Si vous me dites que vous n'avez pas de briquet c'est décidé je me barre !

L'Elfe : Moi j'ai pas besoin de torche, je suis nyctalope.

Le Nain : Je le savais bien que t'étais une salope !

L'Elfe : Mais non, nyctalope ça veut dire que je vois dans la nuit !

La Magicienne : Bon, sortez vos torches je vais lancer un sort de Boule de Feu Mineure.

<Bruit> : Le groupe sort ses torches.

<Echo> : La Magicienne : Azdaaa ven bahadhooo

<Bruit> : Les torches s'allument.

La Magicienne : Et voilà.

Le Ranger : En avant.

<Bruit> : Le groupe se déplace bruyamment.

L'Elfe : Mais pourquoi les Nains sont-ils aussi moches ?

Le Nain : Va chier !

Le Ranger : Stop !

<Tous en même temps> : Le Barbare : Hé ben !

L'Elfe : Hooo ! Mince alors ...

Le Nain : Qu'est-ce-qu'y a ?

Le Voleur et la Magicienne : Rhôôôô...

L'Ogre : Swobok ?

Le Nain : Il a raison cette dalle de pierre est plutôt étrange. C'est sans doute un piège.

L'Elfe : Mais quel nase ce mec. Y'a rien du tout regarde j'avance et...

<Bruit> : La dalle s'ouvre.

<Echo> : L'Elfe : Haaaaaaaaaaaaaa !

<Bruit> : L'Elfe touche le sol.

Le Ranger : Bravo !

<Bruit> : Le groupe applaudit.

<Echo> : L'Elfe : J'ai mal !

Le Ranger : Qu'est-ce qu'elle dit on entend rien !

Le Nain : Elle dit qu'on devrait la laisser là et continuer.

<Echo> : L'Elfe : Sortez-moi d'ici c'est tout gluant !

Le Nain : Elle dit qu'on devrait lui balancer des rochers sur la gueule pour l'achever.

Le Ranger : Pas question, on va la sortir d'ici. Passez-moi une corde.

Le Nain : Mais elle bonne à rien, on perd not'temps !

<Bruit> : Le Voleur fouille dans son sac.

Le Voleur : Voilà une corde mon ami.

<Echo> : Le Ranger : Bon tu nous entends ?

<Echo> : L'Elfe : Oui !

<Echo> : Le Ranger : Je t'envoie une corde !

<Bruit> : La corde tombe.

<Echo> : L'Elfe : Aïe !

Le Voleur : Je crois qu'elle l'a eue.

<Echo> : Le Ranger : Accroches toi on va te hisser !

Le Nain : Qu'est-ce qu'il faut pas entendre...

<Echo> : L'Elfe : C'est bon .

<Tous en même temps> : Ho Hisse ! Ho Hisse ! Ho Hisse ! Ho Hisse !

Le Nain : Ouais, ça va je la vois qui remonte.

Le Ranger : Dis donc le nain tu pourrais nous aider à tirer !

Le Nain : J'aimerais mieux mourir que faire ça.

<Tous en même temps> : Ho Hisse ! Ho Hisse ! Ho Hisse ! Ho Hisse !

Le Nain : Elle a posé sa main sur le rebord.

<Bruit> : Le Nain écrase la main de l'Elfe.

L'Elfe : Aeeiiiiieehh !

Le Ranger : Mais pourquoi tu lui marches sur la main ?

Le Nain : Bah, c'est pour pas qu'elle retombe.

<Bruit> : L'Elfe sort du piège.

L'Elfe : Et bien merci vous m'avez sauvé la vie.

Le Nain : J'y suis pour rien, héhé...

Le Ranger : Faudrait qu'on avance un peu quand même !

Le Barbare : On s'emmerde dans cette aventure !

Le Ranger : Suivez-moi et faites attention aux pièges.

L'Elfe : Hooo ça va hein !

<Bruit> : Le groupe se déplace bruyament.

La Magicienne : Ca fait longtemps que parcours les donjons toi ?

Le Barbare : Bof...

L'Elfe : Moi c'est ma première fois.

Le Ranger : Stop !

<Tous en même temps> : Le Barbare : Hé ben !

L'Elfe : Hooo ! Mince alors ...

Le Nain : Qu'est-ce-qu'y a ?

Le Voleur et la Magicienne : Rhôôôô...

L'Ogre : Swobok ?

Le Ranger : C'est un cul de sac !

La Magicienne : Merci on a vu.

Le Nain : Je savais bien que c'était une décision de con !

<Bruit> : Le Barbare frappe le Nain.

La Magicienne : Regardez il y a une énigme sur un écriteau !

Le Ranger : Enigme numéro 1 : Prononcez l'allocution habituelle des situations désastreuses.

La Magicienne : C'est foutu on trouvera jamais !

Le Barbare : Euuh... merde !

<Bruit> : Un passage secret s'ouvre.

L'Elfe : Regardez ça s'ouvre !

<Bruit> : Incantations.

L'Ogre : Gnagolo plaf razogh.

La Magicienne : Il dit que le Barbare est vraiment un génie.

Le Barbare : Merci vieux.

La Magicienne : Zboualaf.

L'Ogre : Shlobok.

Le Ranger : J'entends comme une mélopée qui monte de cette crypte...

La Magicienne : C'est une incantation. Ceci est probablement l'antre des sorciers.

Le Barbare : Baston !

La Magicienne : Je vais préparer mes sorts...

<Son> : Djingle de fin d'épisode.

 

 

4  Céline - extract from Mort à crédit.

When reading this, use a good dictionary. Despite the deliberately informal tone, Céline is a master of the language, and he repays study.

Listen to it here.

Le certificat d’études

Le matin du certificat, ma mère a fermé sa boutique pour pouvoir mieux m’encourager. Ça se passait à la Communale près de Saint-Germain-l’Auxerrois dans le préau même. Elle me recommandait en route d’avoir bien confiance en moi-même. Le moment était solennel, elle pensait à Caroline, ça la faisait encore pleurnicher…

Tout autour du Palais-Royal, elle m’a fait réciter mes Fables et la liste des Départements… À huit heures juste, devant la grille, nous étions là, qu’on nous inscrive. Y avait du soin dans les habits, tous les mômes étaient décrottés, mais énervés au possible, les mères aussi.

Y a eu d’abord la dictée, ensuite des problèmes. C’était pas très difficile, je me souviens, y avait qu’à copier. On faisait, nous, partie des refusés de l’automne, de la session précédente. Pour presque tous c’était tragique… Qui voulaient devenir apprentis… À l’oral, je suis tombé très bien, sur un bonhomme tout corpulent, qu’avait des verrues plein son nez. Il portait une grande lavallière, un peu dans le genre de l’oncle Arthur, c’était pourtant pas un artiste… Pharmacien qu’il avait été, rue Gomboust. Y a des personnes qui le connaissaient. Il m’a posé deux questions à propos des plantes… Ça je ne savais pas du tout… Il s’est répondu à lui-même. J’étais bien confus. Alors il m’a demandé la distance entre le Soleil et la Lune, et puis la Terre et l’autre côté… Je n’osais pas trop m’avancer. Il a fallu qu’il me repêche. Sur la question des saisons je savais un petit peu mieux. J’ai marmonné des choses vagues… Vrai il était pas exigeant… Il finissait tout à ma place…

Alors il m’a posé la question sur ce que j’allais faire dans l’avenir si j’avais un Certificat ?

-          Je vais entrer, que j’ai dit lâchement, dans le commerce.

-          C’est dur le commerce mon petit !... qu’il m’a répondu… Vous pourriez peut-être encore attendre ?... Peut-être encore une autre année ?...

Il devait pas me trouver costaud… Du coup j’ai cru que j’étais collé… Je pensais au retour à la maison, au drame que j’allais déclencher… Je sentais monter un vertige… Je croyais que j’allais défaillir… tellement que je me sentais battre… Je me suis raccroché… Le vieux il m’a vu pâlir…

-          Mais non mon petit ! qu’il me fait, rassurez-vous donc ! Tout ça n’a pas d’importance ! Moi je vais vous recevoir ! Vous y entrerez dans la vie ! Puisque vous y tenez tant que ça 

J’ai été me rasseoir sur le banc, à distance, en face du mur !... J’étais quand même bouleversé. Je me demandai si c’était pas un mensonge commode… Pour se débarrasser. Ma mère était devant l’église sur la petite place, elle attendait les résultats…

C’était pas fini pour tout le monde… Il restait des mômes… Je les voyais les autres à présent. Ils bafouillaient leurs confidences, par-dessus le tapis… la Carte de France, les continents…

Depuis qu’il m’avait dit ces mots à propos d’entrer dans la vie, je les regardais les petits compagnons, comme si jamais je les avais vus… L’angoisse d’être reçus les coinçait tous contre la table, ils se tortillaient comme dans un piège.

C’était ça rentrer dans la vie ? Ils essayaient dans l’instant même, de s’arrêter d’être que des mômes… Ils faisaient des efforts de figure, pour déjà prendre des allures d’hommes…

On se ressemblait tous à peu près, comme ça vêtus, en tablier, c’étaient des enfants comme moi, de petits commerçants du centre, des façonniers, des « bazars »… Ils étaient tous assez chétifs… Ils s’écarquillaient les mirettes, ils en haletaient comme des petits clebs, dans l’effort de répondre au vieux…

Les parents le long de la muraille, ils surveillaient la procédure… Ils jetaient des regards vers leurs moutards, des coups de châsse carabinés, des ondes à leur couper la chique.

Les gosses, ils se gouraient à tous coups… Ils se ratatinaient davantage… Le vieux il était inlassable… Il répondait pour tout le monde… C’était la session des crétins… Les mères s’empourpraient à mesure… Elles menaçaient de mille raclées… Ça sentait le massacre dans la piaule… Enfin tous les mômes ont passé… Il restait plus que le palmarès… C’était le plus beau du miracle !... Tout le monde était reçu finalement ! L’inspecteur d’Académie l’a proclamé sur l’estrade… Il avait un bide à chaîne, une grosse breloque qui sautillait entre chaque phrase. Il bafouillait un petit peu, il s’est gouré dans tous les noms… Ça n’avait aucune importance…

Il a profité de l’occasion pour prononcer quelques paroles tout à fait aimables… et très cordiales… Très encourageantes… Il nous a bien assurés, que si on se conduisait plus tard dans la vie, dans l’existence d’une façon aussi valeureuse, on pouvait être bien tranquilles, qu’on serait sûrement récompensés.

J’avais pissé dans ma culotte, et recaqué énormément, j’avais du mal à me bouger. J’étais pas le seul. Tous les enfants allaient de travers. Mais ma mère a bien senti l’odeur, en même temps qu’elle m’étreignait… J’étais tellement infectieux, qu’il a fallu qu’on se dépêche. On a pas pu dire « au revoir » aux petits copains… Les études étaient terminées… Pour rentrer encore plus vite on a pris un fiacre…

On a fait un courant d’air… C’étaient des drôles de carreaux qui branlaient tout le long du chemin. Elle a reparlé de Caroline. « Comme elle aurait était heureuse de te voir réussir !... Ah ! si elle a une double vue !... »

Mon père attendait au premier étage, tous les feux éteints, les résultats. Il avait rentré tout seul l’étalage, les lustres, tellement qu’il était frémissant…

-          Auguste ! Il est reçu !... Tu m’entends ?... Il est reçu !... Ila passé facilement !..

Il m’a accueilli à bras ouverts… Il a rallumé pour me voir. Il me regardait affectueusement. Il était ému au possible… Toute sa moustache tremblotait…

«Ça c’est bien mon petit ! Tu nous a donné bien du mal ! À présent je te félicite !... Tu vas entrer dans la vie … L’avenir est à toi !... Si tu sais prendre le bon exemple !... Suivre le droit chemin !... Travailler !... Peiner !...

Je lui ai demandé bien pardon d’avoir été toujours méchant. Je l’ai embrassé de bon cœur… Seulement j’empestais si fort, qu’il s’est mis à renifler…

« Ah ! Comment ? qu’il m’a repoussé… Ah ! le cochon !... le petit sagouin !... mais il est tout rempli de merde !... Ah ! Clémence ! Clémence !... Emmène-le là-haut je t’en prie !... Je vais encore me mettre en colère ! Il est écoeurant !... »  Ce fut la fin des effusions.

 

5. Sketch - Le zizi tout dûr

Listen to it here.

This is a good example of the importance (and the difficulty) of developing good bottom-up linguistic awareness. For news and documentary, top-down works fine. For jokes and sketches it's the detail that matters. The transcription that follows is mine, and the ear is far from perfect.  As always, if you can do better, I'd be glad to receive a corrected version by email

 

Le zizi tout dûr

- Âllo...

- J'écoute.

- C'est le docteur?

- Oui.

- Bonjour docteur. Excusez-moi d'vous déranger. Madame Ledoux à l'appareil.

- Oui.

- Je ne consulte pas. Ce n'est pas pour moi. C'est pour mon petit-fils.

- Oui.

- Il est arrivé à la maison hier soir. Ces parents sont partis. Un weekend ... en vacances. Et je vous appelle parce que j'en ai la garde, et je lui ai fait prendre un bain, ce matin. Il est sorti du bain, avec ... la zigounette quoi ... le zizi tout droit, tout dûr.

- Ah oui! Ah c'est que ça. Ah ben, ne vous inquiétez pas. Il a quel âge?

- Ah écoutez je vais vous le passer... je préfère ça pour me rassurer..

- Il a quel âge?

(- C'est le docteur...)

- Docteur...

- Oui

- Âllo

- Oui

- Oui, bonjour docteur.

- Bonjour monsieur, oui?

- Je ne veux pas vous déranger. Ma grand-mère me passe l'appareil.

- Oui.

- Qu'est-ce qui se passe? C'est à quel sujet?

- Mais je sais pas. On me téléphone - je suis le docteur - on me demande à me poser une question, donc j'attends moi.

- Attend, je ne suis pas courant, ma grand-mère m'a donné le combiné. Qu'est-ce qui se passe?

- Je sais pas. Y a un enfant chez vous?

- Ah non, enfin je suis le petit-fils.

- Vous avez quel âge?

- J'ai trente-six ans.

- Eh - c'est qu'on me parle d'un enfant qui a pris son bain, et qu'il avait la zigounette toute raide, et j'ai dit c'est normal.

- Ah, attendez je vous la passe alors. Ah oui je comprends. Je comprends mieux.

- Je comprends rien. Monsieur, je suis comme un couillon.

- Attendez je vous la passe. Je préfère ça parce que... (ah voilà, mamie, le docteur va t'expliquer.)

- (Merci) Âllo.

- Oui. Qu'est-ce qui se passe, madame?

- Ben.. vous l'avez eu au téléphone.

- Mais oui, mais...

- Mais c'est lui, qui a la zigounette toute...

- Mais c'est normale, madame, à trente-six ans.

- Ah bon...

- Eh, écoutez, madame... un homme - c'est un homme...

- Oui.... Parce que.. j'étais inquiète, évidemment..

- Mais madame... vous avez quel âge, madame?

- Quatre-vingts deux ans.

- Quatre-vingts deux, alors, alors, vous avez toute oublie dans la vie. C'est bien, c'est normale, hein?

- Est-ce que je le mets au lit avec un bouillon?

- Eh madame, vous ne le mettez pas au lit avec un bouillon parce qu'il a la zigounette qui est raide. Madame.

- Qu'est-ce que je lui donne alors?

- Mais rien de tout madame !

- Mais je ne dois pas le laisser comme ça, a son âge. C'est mon petit-fils !

- Oui. Mais il est normale, madame, vote petit-fils.

- Parce que moi je me disais peut-être qu'il fallait le couper !

- Mais non ! Coupez rien, madame!

- Où sont les ciseaux?

- Attends, mamie oh, oh, oh.

- Faites-les couper!

- Âllo?

- Oui?

- C'est vous qui a dit ça, non?

- .... Non .....Ne coupez...je ne suis pas fou. J'ai dit que c'est normale, que c'est tout à fait logique..

- (Mamie! Lache les ciseaux !)

- Attention... elle débloque complètement..

- (Qu'est-ce que tu fais avec les ciseaux-là?

- Elle va vous couper le zizi...

 

7 Ionescu - La leçon

... and the voice is Ionescu himself!

Listen to it here.

 

LE PROFESSEUR (...) Arithmétisons donc un peu

L’ÉLÈVE Oui, très volontiers, Monsieur.

LE PROFESSEUR Cela ne vous ennuierait pas de me dire...

L’ÉLÈVE Du tout, Monsieur, allez-y.

LE PROFESSEUR Combien font un et un ?

L’ÉLÈVE Un et un font deux.

LE PROFESSEUR, émerveillé par le savoir de l’élève. Oh, mais c’est très

bien. Vous me paraissez très avancée dans vos études. Vous aurez facilement

votre doctorat total, Mademoiselle.

L’ÉLÈVE Je suis bien contente. D’autant plus que c’est vous qui le dites.

LE PROFESSEUR Poussons plus loin : combien font deux et un ?

L’ÉLÈVE Trois.

LE PROFESSEUR Trois et un ?

L’ÉLÈVE Quatre.

LE PROFESSEUR Quatre et un ?

L’ÉLÈVE Cinq.

LE PROFESSEUR Cinq et un ?

L’ÉLÈVE Six.

LE PROFESSEUR Six et un ?

L’ÉLÈVE Sept

LE PROFESSEUR Sept et un ?

L’ÉLÈVE Huit.

LE PROFESSEUR Sept et un ?

L’ÉLÈVE Huit... bis.

LE PROFESSEUR Très bonne réponse. Sept et un ?

L’ÉLÈVE Huit ter.

LE PROFESSEUR Parfait. Excellent. Sept et un ?

L’ÉLÈVE Huit quater. Et parfois neuf.

LE PROFESSEUR Magnifique ! Vous êtes magnifique ! Vous êtes exquise ! Je

vous félicite chaleureusement, Mademoiselle. Ce n’est pas la peine de

continuer. Pour l’addition vous êtes magistrale. Voyons la soustraction.

Dites-moi, seulement - si vous n’êtes pas épuisée - combien font quatre

moins trois ?

L’ÉLÈVE Quatre moins trois ?... Quatre moins trois ?

LE PROFESSEUR Oui. Je veux dire : retirez trois de quatre.

L’ÉLÈVE Ça fait... sept ? (...)

LE PROFESSEUR Je m’excuse d’être obligé de vous contredire. Quatre moins trois ne font pas sept. Vous confondez : quatre plus trois font sept, quatre moins trois ne font pas sept… Il ne s’agit pas d’ additionner, il faut soustraire maintenant.

L’ÉLÈVE Oui…Oui.

LE PROFESSEUR Quatre moins trois font… Combien ?... Combien ?

L’ÉLÈVE Quatre ?

LE PROFESSEUR Non, Mademoiselle, ce n’est pas ça.

L’ÉLÈVE Trois, alors.

LE PROFESSEUR Non plus, Mademoiselle… Pardon, je dois le dire… Ça ne fait pas ça… mes excuses.

L’ÉLÈVE Quatre moins trois… Quatre moins trois… Quatre moins trois ?... Ça ne fait tout de même pas dix ?

LE PROFESSEUR Oh, certainement pas, Mademoiselle. Mais il ne s’agit pas de deviner, il faut raisonner. Tâchons de le déduire ensemble. Voulez-vous compter ?

L’ÉLÈVE Oui, Monsieur. Un…deux…euh…

LE PROFESSEUR Vous savez bien compter ? Jusqu’à combien savez-vous compter ?

L’ÉLÈVE Je puis compter… à l infini.

LE PROFESSEUR Cela n’est pas possible, Mademoiselle.

L’ÉLÈVE Alors, mettons jusqu’à seize.

LE PROFESSEUR Cela suffit. Il faut savoir se limiter. Comptez donc, s’il vous plait, je vous en proe.

L’ÉLÈVE Un…deux…, et puis, après deux, il y a trois… quatre…

LE PROFESSEUR Arrêtez-vous, Mademoiselle. Quel nombre est plus grand ? Trois ou quatre ?

L’ÉLÈVE Euh… trois ou quatre ? Quel est le plus grand ? Le plus grand de trois ou quatre. Dans quel sens le plus grand ?

LE PROFESSEUR Il y a des nombres plus petits et d’autres plus grands. Dans les nombres plus grands il y a plus d’unités que dans les petits…

L’ÉLÈVE … Que dans les petits nombres ?

LE PROFESSEUR À moins que les petits aient des unités plus petites. Si elles sont toutes petites, il se peut qu’il y ait plus d’unités dans les petits nombres que dans les grands… s’il s’agit d’autres unités…

L’ÉLÈVE Dans ce cas, les petits nombres peuvent êtres plus grands que les grands nombres ?

LE PROFESSEUR Laissons cela. Ça nous mènerait beaucoup trop loin : sachez seulement qu’il n’y a pas que des nombres… il y a aussi des grandeurs, des sommes, il y a des groupes, il y a des tas choses telles que les prunes, les wagons, les oies, les pépins, etc. Supposons seulement, pour faciliter notre travail, que nous n’avons que des nombre égaux, les plus grands seront ceux qui auront le plus d’unités.

L’ÉLÈVE Celui qui en aura le plus sera le plus grand ? Ah, je comprends, Monsieur, vous identifiez la qualité à la quantité.

LE PROFESSEUR Cela est trop théorique, Mademoiselle, trop théorique. Vous n’avez pas à vous inquiéter de cela. Prenons notre exemple et raisonnons sur ce cas précis. Laissons pour plus tard les conclusions générales. Nous avons le nombre quatre et le nombre trois, avec chacun un nombre toujours égal d’unités ; quel nombre sera le plus grand, le nombre plus petit ou le nombre plus grand ?

L’ÉLÈVE Excusez-moi, Monsieur… Qu’entendez-vous par le nombre plus grand> Est-ce celui qui est moins petit que l’autre ?

LE PROFESSEUR C’est ça, Mademoiselle, parfait. Vous m’avez très bien compris.

L’ÉLÈVE Alors, c’est quatre.

LE PROFESSEUR Qu’est-ce qu’il est, le quatre ? Plus grand ou plus petit que trois ?

L’ÉLÈVE Plus petit… non, plus grand.

 

 

8  Film extract - Dîner de cons

Because English is a highly specific language where we have one word for one thing, we find French - especially rude French - difficult to grasp. 'Can I use that word without offending people?' is always the question. French swearwords are contextual, and confusing.

But Dîner de cons is a magnificently funny film. Here is the section where M. Pignon makes a telephone call on behalf of the hapless Pierre Brochant to a friend who rejoices in the name Juste Leblanc.

Listen to it here.

 

Dîner de cons

- Monsieur Pignon?

- Oui?

- Si je vous dis précisement ce qu'il faut lui dire, vous pensez pouvoir le faire?

- Il a des moments, j'ai vraiment l'impression que vous me prenez pour un imbécile.

Mais bien sûr, je peux le faire, qu'est-ce que je dois dire?

- On peut se servir du bouquin qu'ils ont écrit ensemble.

- Vous appelez Leblanc et vous le dites que vous êtes un producteur de films.

- Oui

- Vous avez lu le roman, et vous voulez les droits.

- Ah oui, c'est bien ça.

- Et en fin de conversation, vous lui demandez où vous pouvez joindre sa collaboratrice.

- Quelle collaboratrice?

- Ma femme! Je vous ai dit qu'il a écrit un bouquin avec elle!

- Mais oui, exact, d'accord, excusez-moi.

- Ça marchera jamais.

-Mais si, j'ai compris. C'est pas simple, mais j'ai compris.

- Mais quoi c'est pas simple ! C'est tout simple! Vous êtes producteur, OK?

- OK, OK.

- Vous avez une maison de production à Paris. Non - pas Paris, il connaît tout le monde. C'est un producteur étranger.

- OK. Américain. allemand?

- Belge! C'est parfait, belge!

- Pourquoi belge?

- Parce que c'est très bien, belge. Vous êtes un gros producteur belge, vous avez lu 'Le petit cheval de manège, c'est le titre du roman - et vous voulez acheter les droits pour le cinéma. OK?

- C'est un bon livre?

- Très mauvais, quelle importance?

- Ça m'embête un peu, ça.

- Pourquoi?

- Si un bouquin est mauvais, pourquoi j'acheterais les droits? Ah ! Ah !

- M. Pignon, vous n'êtes pas producteur?

- Non.

- Vous n'êtes pas belge, non plus?

- Non.

- Ça n'est donc pas pour acheter les droits du livre que vous téléphonez, mais pour essayer de savoir où est ma femme.

- Oooooh! Alors c'est très tordu, mais bougrement intelligent. C'est quoi son numéro?

- 01 47 45... Je fais le faire moi-même. Il s'appelle Juste Leblanc.

- Ah oui, il n'a pas de prénom?

- Je viens vous le dire : Juste Leblanc.

Leblanc, c'est son nom et c'est Juste, son prénom.

- Ah

- M. Pignon, votre prénom à vous, c'est François, c'est juste?

- Oui.

- Eh bien, lui, c'est pareil, c'est Juste.

Bon. On a assez perdu de temps comme ça. Ma femme a signé le roman de son nom de jeune fille : Christine Le Guirrec.

- Ah bon. Elle est bretonne?

- Je vous en prie : restez concentré.

- Excusez-moi.

- Et n'oubliez pas en fin de conversation de lui demander où vous pouvez joindre Christine Le Guirrec.

- Ça sonne. Je mets le haut-parleur. C'est à vous.

- Je prends l'accent belge?

- Non!

.... - Âllo?

- Âllo! Pourrais-je parler à M. Leblanc, juste une fois?

... - C'est moi.

- Bonsoir, M Leblanc, Georges Van Brueghel à l'appareil. Pardon de vous déranger à une heure aussi tardive. Je suis producteur belge, n'est-ce pas, j'arrive de Belgique une fois, et je suis très intéressé par votre roman...

- 'Le petit Cheval de Manège'

- 'Le petit Cheval de Manège' J'aimerais discuter l'achat des droits pour le cinéma.

... - C'est une blague ou quoi?

- Pas du tout, pourquoi une blague?

... - Etienne?

- Pardon?

... - Arrête tes conneries, je ai à l'instant te reconnu.

- Vous faites erreur, M. Leblanc. Je ne suis pas Etienne du tout, je suis producteur, et j'arrive de Bruxelle.

... - Quelle production?

- Pardon?

... - Votre maison de production, c'est quoi?

- Les films du Plat Pays.

... - Les films du Plat Pays.

- C'est ça, une production jeune mais dynamique, M Leblanc.

... - Vous êtes intéressé par mon roman?

- Absolument. Très intéressé.

... - C'est pour le cinéma, ou la télé?

- Pour le cinéma, M Leblanc, pour le grand écran, pas pour la petite lucarne !

... - Je dois vous prévenir, que j'aimerais faire l'adaptation moi-même.

- Ça pose pas de problèmes, M Leblanc, vous devez seulement savoir que nous ne sommes pas une production avec gros moyens, mais si vous n'êtes pas trop gourmand...

... - On réglera les question d'argent plus tard. Quand puis-je vous rencontrer, monsieur...?

- Van Brueghel..

(- et ma femme ?!)

- Je vous appelle demain et on prend rendez-vous, une fois.

- Entendu, à demain!

- À demain, M. Leblanc !

Et voilà, on a les droits!

Oh là là là là là !

 

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