Non. Madame Martin, elle était plus loin. Je vois la maison je l'ai repérée. Je la connais grâce à la terrasse, mais ils ont fait quelque chose de pas bien du tout, ils ont enlevé la meulière. C'est dommage Rien de ce qu'on me proposait de faire m'intéressait. Et puis, surtout, ma grand-mère avait une propension à toujours me rabaisser, à toujours m'humilier. Ce qui fait qu'on arrive à l'adolescence en pensant qu'on est la pire des choses, la fille la plus laide du monde, parce qu'elle me faisait honte, entre autres, avec mon physique. Et même si les évènements vous prouvent qu'il n'en est pas tout à fait ainsi, vous traînez ça comme un boulet absolument toute votre existence. Tout ce que je peux dire c'est que.. ce que j'appelle ma problématique affective, c'est comme une problématique un peu masochiste, un peu difficile, on se sent jamais à la hauteur, on se sent absolument pas aimable ..est née ici Et que l'attitude que j'ai eue.. inadéquate, parce que quand on se sent tellement.. pas ceci, pas cela... et qu'on est amoureux, si jamais il y a une possibilité de quelque chose, on a forcément le contraire de l'attitude qu'il faut, c'est à dire, on se dit, l'autre s'illusionne à mon sujet, je ne suis pas ce qu'il croit, il va s'en apercevoir et du coup on a une attitude qui est le contraire de l'attitude qu'il faut avoir si on souhaite garder quelqu'un. Et cette problématique-là m'a évidemment inspirée toutes mes chansons. Françoise Hardy dessine nos sentiments. Elle enferme à jamais dans le cadre de ses chansons la palette des émotions qui font de nous des hommes. Elle croque une réalité intrinsèquement liée à notre condition, la solitude, ou la peur de celle-ci. Comme le fait un peintre … comme le fait Édward Hopper je n'ai que les étoiles et rien d'autre pour toi si l'on doit se faire mal c'est la vie qui veut ça à quoi ça sert de rester seul à quoi ça sert de vivre seul tout seul je n'ai que les étoiles et rien d'autre pour toi si l'on doit se faire mal c'est la vie qui veut ça à quoi ça sert de rester seul à quoi ça sert de vivre seul tout seul.. Pour moi ce qui est important quand je chante une chanson, c'est de me mettre dans le bain de la chanson suffisamment profondément et intensément pour vivre ce que la chanson raconte. Je ne sais pas mentir, je ne sais pas jouer, et moi, les chansons que je chante, je n'ai pas besoin de les jouer je les vis. Moi je sais que quand j'ai une mélodie à paroler, en générale, si j'ai accepté la mélodie, c'est parce qu'elle me touche, véritablement. Donc, je suis dans un état d'angoisse affreuse à l'idée qu'il y a pas un seul mot qui me vient à l'esprit. Pour moi la souffrance, c'est que je sais exactement ce que je voudrais écrire - je le sens. Je le sais avec mon instinct, avec mes sentiments, avec mon hémisphère droit. Et la souffrance, c'est d'établir la connexion entre l'hémisphère droit, qui sait exactement quelle est l'émotion, quelle est la nature de l'émotion, de l'éprouver - de la ressentir etcétéra. Et puis l'hémisphère gauche qui doit trouver les mots qui traduisent ça. Ça, c'est très, très difficile. J'ai l'envie d'écrire pour les autres. J'ai l'envie d'écrire pour Johnny Hallyday, pour Françoise Hardy, pour les gens de soleil. Un pour Françoise Hardy.. je me souviens pas... bien... C'est pour elle le printemps Pour elle... pour elle les roses. Cette femme fleur. J'aime beaucoup Françoise Hardy. On est bien peu de chose Et mon amie la rose Me l'a dit ce matin Vois le dieu qui m'a faite Me fait courber la tête Et je sens que je tombe Et je sens que je tombe Mon coeur est presque nu J'ai le pied dans la tombe Déjà je ne suis plus Tu m'admirais hier Et je serai poussière Pour toujours demain On est bien peu de chose Et mon amie la rose Est morte ce matin